La SNCB va supprimer cinq trains directs fort prisés par les voyageurs. Le porte-parole de la SNCB parle d’adaptations liées aux travaux sur la ligne 162.

Après avoir réclamé ces travaux de rattrapage depuis 20 ans, voilà que la parlementaire que je suis se plaint des travaux. Contradictoire me direz-vous ?

Mais comment font les autres pays ? En France et au Grand-Duché de Luxembourg, la ligne est interrompue totalement le temps des travaux et souvent en période creuse. Les trains sont remplacés par des bus et la période inconfortable est concentrée sur une courte période.

La Belgique a choisi un autre système. Après avoir supprimé beaucoup d’appareils de voie (qui permettent aux trains d’emprunter une troisième voie ou simplement de se croiser plus facilement là où les travaux nécessitent le passage en voie unique), elle lance plusieurs chantiers sur une même ligne avec de nombreux passages à voie unique et la particularité que l’on travaille partout et nulle part à la fois. Combien de trains-travaux voyez-vous sur la ligne ? Personnellement, j’en croise très rarement. On travaille le jour -et pas tous- jamais la nuit et rarement week-end !

On le dit peu mais la raison de la durée interminable des chantiers se trouve aussi dans cette particularité belge de répartition 60/40 dans le financement des infrastructures ferroviaires.

« Des chantiers ont été arrêtés avec pour seul motif le respect de la clé. Le respect de la clé a pu aussi conduire à augmenter ou accélérer les investissements dans une région (la construction de parkings par exemple) pour permettre la réalisation d’investissements dans l’autre ». (…) « Pour respecter cette clé, un retard significatif dans une région peut rendre nécessaire l’arrêt ou le ralentissement de chantiers dans une autre région » (*).

Le retard des travaux est donc clairement une question de gouvernance et de choix politique !

Alors, Monsieur Ney (porte-parole de la SNCB), votre métaphore avec les chantiers routiers me reste en travers de la gorge. S’il est vrai qu’il y a des chantiers ponctuels sur la E411, nous circulons la plupart du temps à du 120km/h. Quand sur le rail, nous circulons depuis 20 ans au mieux à du 68km/h. Nous demander de la compréhension et de la patience, je considère cela comme un affront envers tous les navetteurs de la ligne 162.

Face à ce problème de gouvernance et à ses conséquences absurdes (suppression de 5 trains et correspondance malheureuse à Marloie), la résignation n’est pour moi pas une option ! Il n’est pas trop tard pour que la SNCB fasse marche arrière et maintienne au moins un train tôt le matin à partir d’Arlon et en fin de journée à partir de Bruxelles.

Cécile Thibaut, sénatrice

Pétition : http://luxembourg.ecolo.be/

(*) Cour des comptes, Réseau régional express – Mise en œuvre et financement, 25 janvier 2017, pp. 57 et 58.

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