Les actions menées dans le Luxembourg l’an dernier en faveur de sapins de noël sans pesticides ont amené une réaction très forte des producteurs. Selon leurs déclarations, la production de sapins de noël nécessiterait l’utilisation de pesticides pour être rentable. Ecolo est inquiet face à ces déclarations et à leurs conséquences. Autour de Libin, une seule entreprise (Greencap) exploite 1000 hectares. L’utilisation de pesticides a des impacts sur la santé, la qualité des sols et la biodiversité.

Pour montrer qu’il est possible de produire des sapins autrement, Ecolo a été à la rencontre de la SPRL Rood. Cette visite est orientée « solutions ». Elle met en évidence que la production de sapins de noël sans pesticides est possible et rentable. La production de sapins de noël y a été relancée en 2009. D’emblée, la volonté était de produire sans recours aux produits utilisés dans la production industrielle. Ce ne fut pas sans difficulté. Les premières plantations ont été ravagées par le gibier. Il y a 7-8 ans, les terrains ont été protégés par des clôtures de 2 mètres plantées de haies.

Dans un premier temps, les parcelles étaient fauchées. Mais faucher est difficile et demande beaucoup de travail. L’entreprise a donc pensé à introduire des moutons pour entretenir les parcelles. Le travail des moutons est complété par celui de vaches (une dizaine). Les derniers refus sont fauchés. Ce mode d’entretien entraîne lui-même une nouvelle activité : l’élevage des moutons (produire du foin, suivre les agnelages, vendre les moutons, semer de l’herbe pour les moutons…). Il y a actuellement entre 200 et 250 moutons pour les 15 hectares de sapins. Les moutons sont placés 3 à 4 fois par an dans les parcelles.

La vente se fait auprès de grossistes et quelques-uns directement au magasin de fleurs de l’entreprise. Les sapins sont vendus avec une étiquette de l’Union ardennaise des pépiniéristes (UAP) dont la SPRL est membre. Les sapins sont vendus au même prix que les sapins industriels mais le rendement est inférieur. L’industriel plante 6.000 sapins à l’hectare, la SPRL Rood, 4.000. Le producteur doit suivre les goûts du client en termes de variété qui évoluent très vite (alors que le cycle de croissance est assez long). Les prix sont en réalité fixés par les acheteurs (grossistes, grand commerce). Il n’y a pas de label bio pour les sapins de noël en Belgique. Un tel label permettrait de valoriser la production sans pesticide et justifierait un prix plus élevé.

L’entreprise est le seul éleveur de moutons shorpshire en Belgique. Le shorpshire est plus cher que les moutons classiques. Pour équilibrer l’activité, l’entreprise vend les agneaux. Cette activité est en péril du fait des fortes restrictions relatives à la publicité visant la commercialisation des animaux. Ce type de production fait appel à plusieurs activités complémentaires (production de sapins, élevage de moutons, plantation de haies…). Une multi-activité qui n’est pas encore assez prise en compte sur le plan législatif.

L’action citoyenne à Libin

Trois interpellations citoyennes ont été portées à Libin. Cette année, le collectif des habitants a transmis à la bourgmestre une proposition de règlement communal signée par 220 habitants qui réclame notamment une meilleure protection des habitants contre les épandages de pesticides, un cadastre des parcelles consacrées aux sapins, l’interdiction de la culture en motte (exportation de la terre)…

La bourgmestre a promis de présenter le règlement après un avis juridique de l’Union wallonne des Villes et Communes sur le texte. Ce règlement serait une première en Wallonie !

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