Agriculture : L’abattoir, outil indispensable au développement de filières
Etendu et largement dédié à l’élevage, le Luxembourg est confronté à un manque cruel d’abattoirs. ECOLO propose la création d’un outil intercommunal dans le nord de la province.
Nous connaissons tous le sort réservé à la plupart des petites structures d’abattage en Luxembourg, confrontées à des normes taillées pour l’industrie, elles qui rendent de grands services aux éleveurs locaux tout en étant à la limite de l’équilibre financier. Nous voyons aussi quelle est la difficulté de réhabiliter ou de créer de nouveaux abattoirs. Ceci en dépit des aides wallonnes qui prennent en charge la moitié des frais de construction, d’agrandissement ou rénovation des abattoirs publics et soutiennent la mise en place d’ateliers de travail partagé ou encore de halls relais agricoles qui appuient le développement des filières de la viande.
En ce moment, un certain nombre de communes du sud cherchent à mettre leurs forces en commun pour réaliser l’indispensable mise aux normes de l’abattoir de Virton. Si cette tentative volontariste menée dans le cadre d’une démarche intercommunale arrive à bout des difficultés qui jalonnent son chemin et peut finalement aboutir, Virton ne sera cependant en mesure de couvrir qu’une partie des besoins du Sud Luxembourg et de la zone frontalière. Et il n’est pas raisonnable de voir des producteurs contraints de faire 100 (Marche) ou 140 kilomètres (Vielsalm) pour faire abattre leurs animaux…
Partant de ce constat, la conseillère ECOLO Christina Dewart vient de proposer à la Province d’impulser une démarche nouvelle, comparable à celle conduite autour de Virton, au bénéfice des éleveurs du nord Luxembourg.
Pour des raisons diverses, les projets de Vielsalm et de Nassogne n’ont en effet pas pu se réaliser. Et c’est bien d’un outil de proximité dont les producteurs ont besoin, un outil susceptible à son tour de favoriser le développement d’autres projets locaux, en particulier dans la filière porcine. L’objectif est, notamment, de miser sur la qualité et de permettre ainsi à nos producteurs de faire la même valeur ajoutée tout en élevant moins de porcs. La création de filières complètes du producteur au consommateur, de qualité réellement différente et mettant en valeur le savoir-faire artisanal nécessite indispensablement ce chainon manquant aujourd’hui qu’est l’abattoir. Ce dernier pourrait en outre être couplé à un atelier de découpe, de façon à éviter au maximum les transports superflus.
Rappelons que l’abattoir de proximité est aussi la seule façon de capter une meilleure plus-value économique au profit de nos producteurs et transformateurs et de la conserver sur le territoire de la province. De ce point de vue, l’abattoir de proximité se présente sans aucun doute comme un atout à la fois pour la promotion de la qualité du « terroir » et du développement régional.