Depuis plus de 20 ans, Ecolo organise la Saint-Valentrain. C’est une nouvelle fois l’occasion pour les écologistes de remercier et d’encourager les navetteurs qui prennent le train. Ce sont autant de voitures en moins sur nos routes, une meilleure qualité de l’air et une contribution collective dans nos efforts pour atteindre nos objectifs climatiques de réduction de CO2.

Ce matin, les militants d’Ecolo Luxembourg ont accueilli les voyageurs et ont distribué un chocolat à Arlon, Athus, Aubange, Bertrix, Barvaux, Bomal, Gouvy, Libramont, Marloie, Marbehan, Marche-en-Famenne, Messancy, Neufchâteau,Vielsalm et Virton.

Le geste est symbolique. Si le gouvernement fédéral se désintéresse des transports collectifs et de ses milliers d’usagers, Ecolo ne les laisse pas tomber car ils méritent plus de respect et les défis à relever en termes de mobilité et de climat n’attendent pas.

La Saint-Valentrain est donc aussi l’occasion de faire un état de la situation, rappeler nos priorités et confirmer que des alternatives sont possibles.

Les coups de gueule

+ Les écologistes réclament le retour de la correspondance à Marloie et le retour des IC directs entre Luxembourg et Arlon

Le conseil d’administration de la SNCB a approuvé le plan de transport que l’opérateur ferroviaire proposera entre décembre 2020 et décembre 2023. Comme le précédent plan de transport 2017-2020, l’axe général prévoit une augmentation globale de l’offre de 5 % par étapes et sur les 3 années.
Pour la province de Luxembourg, l’augmentation de l’offre se traduira essentiellement par la fréquence horaire en semaine sur la desserte de la ligne 42 Liège- Gouvy. C’est une très bonne nouvelle.
Malheureusement, dans ce nouveau plan de transport, la correspondance entre la ligne 162 et 42 ne sera toujours pas permise en gare de Marloie. Ce délai de correspondance est un véritable repoussoir pour les usagers du rail. Nombreux sont ceux qui ont repris la voiture face à cette situation. Selon les informations dont dispose les écologistes (QESV 191), les voyageurs ne devraient pas retrouver une correspondance avant 2027 soit après avoir subi 10 ans de travaux …

Par ailleurs, toujours en raison des travaux, 7 trains directs entre Luxembourg et Bruxelles ont été supprimés ou modifiés (départ à Jemelle ou Namur) dans le précédent plan de transport 2017-2020.
A l’époque, le ministre Bellot nous avait garanti que ces suppressions-modifications étaient temporaires et que ces trains seraient remis en service lorsque les travaux seraient terminés. Les écologistes déplorent que ces 7 trains ne soient pas de retour dans le nouveau plan de transport.

En sus, depuis le 09 décembre 2018, ce sont les deux derniers trains de la journée en direction d’Arlon qui sont stoppés en gare de Libramont avec de nombreux voyageurs du sud de la province qui restent à quai.
Après avoir souffert d’un désinvestissement structurel sur la ligne 162 pendant plus de 30 ans, le voyageur subit aujourd’hui les travaux de rattrapage (bien nécessaires). Il souffre aussi d’une très mauvaise collaboration entre la SNCB et Infrabel. Si les écologistes se réjouissent de la modernisation nécessaire de la ligne ils regrettent une piteuse collaboration entre les 2 sociétés qui se fait sur sur le dos des voyageurs.

+ Les écologistes réclament un gouvernement de plein exercice pour enfin renouveler le contrat de gestion et préparer la SNCB à la libéralisation du trafic voyageur
Le dernier contrat de gestion n’a pas été revu depuis 2012. C’est pourtant un élément fondateur pour le service aux voyageurs.
Les écologistes sont prêts, nous avons rédigé un contrat de gestion alternatif entre l’Etat, la SNCB et Infrabel à la hauteur des attentes des voyageurs et des objectifs climatiques. Cela passera par un refinancement de la SNCB et Infrabel. Notre programme de 2019 tablait sur un refinancement de 7 milliards d’euros sur 5 ans. Nous gardons ce cap. Le rail ne peut en effet pas rencontrer les objectifs sociétaux que tous les gouvernements lui assignent sans des moyens budgétaires ambitieux.
Il faut, notamment, une croissance du nombre de voyageurs-kilomètres (au moins 4 % de croissance par an), un accroissement sensible des fréquences et de l’amplitude horaire des trains, un redressement de la ponctualité (95 % de ponctualité pondérée) et encore améliorer l’information aux voyageurs.
Concernant la libéralisation européenne du transport des voyageurs, les Verts européens se sont opposés à cette libéralisation en décembre 2017. A nos yeux, ce pilier politique n’améliorera pas le service aux passagers qui est fondé sur une approche ne répondant pas l’intérêt commun et qui ouvre la porte à une libéralisation sauvage.

Mais voilà, cette décision a été prise et les réseaux de service publics belges seront ouverts à la concurrence dès 2023. Le Royaume-Uni est pionnier dans cette expérience et a ouvert au privé et aux forces du marché son réseau. Ce modèle sans garde-fou a conduit à une catastrophe et aujourd’hui, le Royaume-Uni renationalise une partie de son rail à partir du 1er mars, fini les opérateurs Nothern ou Virgin Trains East Coast.

Comme la législation le permet, les écologistes souhaitent garantir à la SNCB une certitude d’investissement suffisante pour étendre ses services et les rendre plus durables dans les années à venir, et permettre donc une allocation directe à la SNCB pour une période de 10 ans.

En parallèle, il faudra s’assurer que les objectifs de performance (KPI) de la SNCB ne soient pas (seulement) axés sur la compétitivité, mais aussi et surtout sur l’amélioration des services et les progrès en termes de durabilité et de bonnes conditions de travail.

Pour les écologistes et compte tenu des caractéristiques structurelles et géographiques du réseau ferroviaire belge, le futur gouvernement devra défendre la position selon laquelle la SNCB continuera à occuper la position centrale après cette période de 10 ans. Ceci seulement s’il continue à améliorer sensiblement ses performances sur les critères ci-dessus.

En parallèle, nous estimons qu’il faut également faire campagne au niveau européen pour l’inclusion obligatoire de critères sociaux, écologiques et de durabilité dans les appels d’offres publics pour les services de transport ferroviaire domestique.

L’objectif est de maintenir la SNCB sur les rails après 2033 en tant que fournisseur central de services publics. C’est un engagement que prennent les écologistes.

Les coups de coeur

+ Relier Virton à Luxembourg-ville en 45 minutes, c’est l’enjeu des écologistes pour permettre aux nombreux travailleurs de la région de Virton de rejoindre Luxembourg-ville en un temps compétitif par rapport à la voiture.

Lors du roadshow de la SNCB, les forces vives luxembourgeoises ont plaidé pour la mise en place d’une ligne directe Virton-Luxembourg sans rupture de charge. Une motion allant dans ce sens a été votée à l’unanimité par la ville de Virton et par le conseil provincial du Luxembourg. C’est donc une demande forte du terrain avec un réel potentiel pour cette ligne.
Malheureusement, le plan de transport 2020-2023 n’intègre pas cette demande. La SNCB s’était pourtant engagée à prendre des contacts avec les CFL et se disait « ouverte » à cette ligne directe.
Cette liaison faisait partie des axes prioritaires du SMOT, la liaison directe était une option.
Actuellement, les travaux concomitants côtés belge et grand-ducal rendent la gare de Virton quasiment inutilisable pendant un an. Si les travaux sont nécessaires, c’est un gâchis pour les usagers du rail qui ont été obligés de reprendre leur voiture.
Dès maintenant et avant que les travaux ne soient terminés, les écologistes vont multiplier les initiatives et les contacts avec le Grand-Duché pour concrétiser cette ligne directe entre Virton et Luxembourg. C’est une priorité.

+ Au parlement Benelux

Jean-Philippe Florent et Cécile Thibaut siègent au parlement Benelux. Le Benelux est en quelque sorte un laboratoire d’idées en matières de collaboration entre pays.

Nos deux députés porteront des thématiques qui leur tiennent à coeur pour améliorer la mobilité transfrontalière.

Cécile travaillera sur les conditions pour permettre le retour des trains de nuit. Si le réseau européen de trains de nuit a existé en Europe, il s’est considérablement détérioré suite à l’arrivée des vols low cost mais aussi à cause de la combinaison d’un cadre juridique médiocre, d’une politique des transports mal inspirée et de décisions commerciales à courte vue.

Les Chemins de fer fédéraux autrichiens (ÖBB) prouvent déjà que les trains de nuit ont un avenir et que les entreprises ferroviaires peuvent également gagner ainsi de l’argent. Avec du matériel roulant modernisé et nouveau, ÖBB attire de nouveaux passagers et ouvre la voie à l’avenir du transport ferroviaire de nuit.

Un retournement de tendance commence également à se produire en Suède. Le gouvernement y a décidé de débloquer 50 millions de couronnes suédoises pour offrir des services internationaux de train de nuit de la Suède vers l’Allemagne. Le nombre de passagers à bord des trains de nuit suédois a déjà augmenté, car le réseau y est axé sur les besoins des passagers.

La Belgique ne peut pas rester à quai, il faut rapidement examiner quelles nouvelles routes internationales présentent un potentiel pour la Belgique et d’identifier les aménagements nécessaires pour les réaliser.

Jean-Philippe travaillera pour sa part sur la thématique de la taxation kérosène dans l’aviation afin de combattre cette injustice climatique ainsi que la concurrence déloyale qu’elle induit envers des moyens de transport alternatifs, comme le train.

Si la Directive européenne Energy Tax 2003/96 interdit aux Etats-Membres de taxer le kérosène de l’aviation, elle leur permet toutefois de signer entre eux des accords bilatéraux suspendant cette exonération sur le kérosène. Les trois pays du Bénélux pourraient avancer à trois dans cette direction, voire même être rejoints par d’autres pays européens.

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